segunda-feira, 13 de novembro de 2017

Les Echos (França) – Clima : le clivage Nord-Sud resurgit à Bonn

MEIO AMBIENTE




Les Echos (França) – Clima : le clivage Nord-Sud resurgit à Bonn




La 23 e Conférence des Nations unies sur le climat entame sa deuxième semaine dans une ambiance assez tendue. Les pays en développement demandent aux pays développés de tenir les engagements prévus pour 2020. Quand s'appliquera pleinement l'Accord de Paris.


Avant que l'Accord de Paris n'entre en vigueur, deux années vont s'écouler pendant lesquelles il n'est pas question de rester inerte. Les délégations des pays en développement l'ont fermement rappelé à Bonn où se tient depuis le 6 novembre la 23e Conférence des Nations unies sur le climat. Une COP sous présidence fidjienne dont la première semaine se sera un peu trop focalisée à leur goût sur les règles d'application de l'accord historique conclu le 12 décembre 2015 par 197 pays.


Même si le temps presse pour caler ce « mode d'emploi » - il doit être impérativement fixé dans un an, à la COP 24 de Katowice (Pologne) -, les pays du Sud ont exhorté ceux du Nord au respect d'autres objectifs, essentiels à leurs yeux, compte tenu de l'urgence climatique qui frappe à leur porte. Ces objectifs sont ceux de la seconde période (2013-2020) du protocole de Kyoto de 1997 sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) applicables aux seuls pays développés.


Un sujet sur lequel cette COP a été soupçonnée, jeudi, de faire l'impasse par les représentants du Like-Minded Developping Countries (LMDC), un groupe de 25 pays emmenés par la Chine et l'Inde. Ils déplorent d'importants écarts entre l'engagement pris en 2012 à la COP 18 de Doha (Qatar) par les pays développés de renforcer leur plan climatique avant 2020 et sa traduction concrète. « Nous ne voyons guère de progrès », a regretté le délégué chinois Chen Zhihu. « Il y a un manque. Et pas uniquement sur les actions mais aussi sur le soutien » aux pays en développement. « Si nous ne respectons pas les décisions prises, comment construire la confiance, et comment donner une bonne base à l'application de l'Accord de Paris ? » a-t-il interrogé.


Ne pas « raviver de vieilles disputes »


Le groupe LMDC a demandé que cette question, qui inclut la question des 100 milliards de dollars annuels promis au pays pauvres à partir de 2020, soit inscrite à l'agenda de la COP 23. Ce qui est revenu à alourdir le climat jusqu'alors plutôt serein de cette conférence. L'initiative a été assez mal prise par les Européens. Un représentant du ministère de l'Environnement allemand a déclaré y voir des « signes inquiétants » de nature à « raviver de vieilles disputes dans les négociations actuelles ». Cette réaction s'explique par le fait que la réclamation du groupe LMDC visait l'UE qui n'a toujours pas ratifié la seconde période du protocole de Kyoto .


« Tout cela peut nuire à l'esprit de la négociation. C'est le Nord contre le Sud alors que l'Accord de Paris c'est le Nord avec le Sud », s'alarme Pierre Cannet, expert climat du WWF France. Mais d'estimer, en même temps, que les pays industrialisés doivent « aller plus loin sur la période pré-2020 ». Notamment les Etats membres de l'UE, laquelle aura probablement dépassé ses objectifs d'ici à deux ans.


L'annonce par l'Allemagne d'un versement de 50 millions de dollars au Fonds d'adaptation aux changements climatiques des Nations unies a été reçue comme un geste positif. Mais suffira-t-il à désamorcer la controverse de la semaine écoulée ? Les ONG, qui aimeraient voir la France envoyer le même type de signal, redoutent qu'elle ne devienne un sujet de débat pour les ministres attendus dans les prochains jours à Bonn. Le volet politique de la COP démarre en effet mercredi en présence d'Angela Merkel, d'Emmanuel Macron et de chefs d'Etats africains.


Joël Cossardeaux

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